1ère Question :
Pourquoi ces deux voiliers sont-ils partis pour une traversée de 4450 miles en sachant que la drisse de grand voile se cisaille à la sortie du réa en haut du mât ?
La consigne était d'affaler la voile tous les deux ou trois jours pour couper les 80cm de drisse qui commençait à se cisailler afin que celle-ci ne se rompe. Imaginez la manœuvre par gros temps et les risques tout au long de ces 7 semaines qui devaient être une croisière, pas une galère. Se mettre vent de bout, prendre des risques au pied du mât et sur le pont pour affaler la voile, détacher la drisse de la grand voile, l'amener dans le carré pour la couper au fer chaud puis faire l'opération inverse pour hisser la voile. Toujours vent de bout, au moteur, avec la mer qui vous balance dans tous les coins du carré. Ces manœuvres devraient être réservées aux cas d'urgences.
Nous avons proposé au chef de bord des solutions pour protéger la drisse par un morceau de tuyau d'arrosage ou une gaine.
Cela a été un refus pour ces propositions. Et pourtant, dans la deuxième partie des Canaries vers la Martinique, ce système a été mis en place avec succès sur Zoulou. Nous l'avons même amélioré en lubrifiant l'extérieur du tuyau avec de la graisse au manganèse (qui résiste à l'eau). Sur 19 jours de traversée, nous avons coupé par sécurité seulement deux fois la drisse.
Après observations, en fait, la cause du cisaillement n'était pas le réa, mais les flancs en aluminium coulé de la tête de mât.
Il conviendrait d'arrondir à la lime douce et ensuite polir les zones où la drisse rague pour supprimer le problème.
Ce qui a été fait sur Zoulou pour la sortie de prise de ris sur la bôme. Trop dangereux à faire en mer pour la tête de mât. Il serait nécessaire d'expliquer ce problème au constructeur du voilier. La pièce en alu en bout de bôme coté vit de mulet a le même défaut.
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Que dire du tangon de spi !
Sur Zoulou dans la partie Canaries la Martinique, nous avons navigué fréquemment sous spi. Et, la aussi, sous vent arrière le bras du spi s'est rompu. La raison est encore une fois l'usure du cordage dans le passage du tangon. Cette pièce est en aluminium coulé, dans le passage du bras, il y a une zone rugueuse avec une excroissance de matière. Ceci correspond à la fermeture du moule lors de la fabrication de cette pièce, c'est ce qu'on appelle "le plan de joint" et là encore, il faut arrondir et polir cette surface.
Que dire du tangon manquant !
Pourquoi n'y avait-il pas de tangon pour le Génois ?
Sur Zoulou, quand nous sommes arrivés dans la zone des alizés, nous avons utilisé le génois ou le spi. Le problème est que sous génois, il n'y avait pas de Tangon adapté. Le génois est difficile à tenir en place aux vents portants (arrière ou grand largue) et avec une mer forte et houleuse. Au début des alizés, le génois et son écoute ont beaucoup souffert de ne pas être maintenus par un tangon. L'idée (de Bernard) a été de mettre en place le tangon de spi pour l'utiliser avec le génois. Ce tangon étant trop long, l'astuce a consisté à réduire artificiellement sa longueur en le fixant en haut de la glissière du mât et en le maintenant à cette hauteur par une drisse. Ce système permettait l'ajustement de la longueur suivant la surface du génois déployé. Différents tests ont confirmé la bonne résistance de l'installation. Il y avait peu d'efforts sur le mât et sur le tangon malgré le vent force 5 à 6 voire 7.
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